Invasion de Fourmis : symptômes et causes
Quelques fourmis isolées sur un plan de travail ne signalent pas forcément une infestation. On parle d'invasion lorsque des colonnes régulières se forment, toujours sur le même trajet, entre un point d'entrée et une source de nourriture. Ce point d'entrée peut être une plinthe, un joint de carrelage, un encadrement de fenêtre ou le passage d'une gaine ; la nourriture, du sucre, des miettes, une gamelle d'animal ou une poubelle. Ces files suivent des pistes chimiques, les phéromones, que les ouvrières déposent et renforcent à chaque passage.
Trois situations se distinguent. La fourmi noire des jardins niche le plus souvent dehors, sous une dalle ou au pied d'un mur, et n'entre que pour se nourrir. Les fourmis minuscules, jaunes ou ambrées, souvent des fourmis pharaon, installent au contraire leurs nids dans la maison même : derrière un doublage, près d'une source de chaleur ou d'humidité. Dérangées, elles se multiplient en fractionnant la colonie. La fourmi charpentière, grande et sombre, creuse des galeries dans le bois humide ou abîmé ; un petit tas de sciure fine au pied d'une poutre ou d'une huisserie doit vous alerter. Des fourmis ailées qui apparaissent à l'intérieur, au printemps ou en été, signalent en général un nid mature tout proche, parfois logé dans le bâti lui-même.
Comment intervient le professionnel
Le professionnel Depanist commence par identifier l'espèce, car le traitement n'est pas le même pour une fourmi des jardins, une fourmi pharaon ou une charpentière. Il remonte ensuite les pistes jusqu'à leur origine. Il inspecte les plinthes, les joints, les gaines techniques, les boiseries humides et les abords extérieurs, à la recherche du nid et des points d'entrée. Ce repérage conditionne tout le reste : éliminer les fourmis visibles sans atteindre la reine ne fait que déplacer le problème.
Le traitement repose le plus souvent sur des appâts en gel ou en boîte, posés sur les trajets. Les ouvrières rapportent la matière active au nid et la partagent avec le couvain et la reine, ce qui détruit la colonie de l'intérieur. L'effet n'est donc pas immédiat, et il faut accepter de voir encore des fourmis pendant quelques jours. Contre la fourmi pharaon, le professionnel évite les pulvérisations, qui provoquent l'essaimage. À l'extérieur ou sur un nid accessible, il peut appliquer un insecticide localisé. La durée de l'intervention dépend de plusieurs éléments : le nombre de foyers, l'accès au nid (vide sanitaire, doublage, toiture) et la présence de bois attaqué par des charpentières. Ce dernier cas demande un examen plus poussé et parfois une visite de contrôle.
Urgence ou simple rendez-vous ?
Une invasion de fourmis présente rarement un danger immédiat, mais certains cas justifient d'agir vite. C'est le cas de la sciure qui s'accumule près d'une charpente ou d'un plancher, ou de fourmis qui circulent autour d'un tableau électrique ou d'une prise. Il en va de même pour une présence dans la chambre d'un nourrisson ou chez une personne alitée.
En attendant le professionnel, rangez les aliments dans des boîtes hermétiques, videz la poubelle et lavez les pistes à l'eau savonneuse pour brouiller les traces. Évitez l'insecticide en bombe : il disperse les colonies et compromet les appâts. Éloignez enfants et animaux de tout produit déjà posé. Quelques fourmis des jardins entrant par une fenêtre, sans nid intérieur, relèvent d'un rendez-vous ordinaire.